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LE CHÂTEAU DE LAREOLE,
Laréole - Canton de Cadours, Haute-Garonne
Depuis 1984, la château de Laréole est la propriété du
Conseil Général de la Haute-Garonne. Cette acquisition
s'est faite au titre de la sauvegarde des Monuments
historiques afin d'assurer la protection, la
conservation et la présentation au public d'un
patrimoine architectural et culturel de style
Renaissance particulièrement représentatif.
Le
Conseil Général est heureux que ce fleuron de
l'architecture du XVIème siècle retrouve toute sa
superbe et redevienne en ce début du XXIème siècle un
des hauts lieux de notre patrimoine départemental.
Pierre Izard,
Président du Conseil Général de la Haute-Garonne
AMENAGEMENT DU SITE
Au
début du siècle et jusqu'en 1984 (date de son rachat par
le Conseil Général de la Haute-Garonne) le château de
Laréole est dans un état de quasi-abandon. Des travaux
de restauration s'échelonnent sur près de quinze ans,
effectués sous la maîtrise d'ouvrage du Conseil Général
et conduits par M. Voinchet, Architecte en chef des
Monuments Historiques. Des mesures de sauvetage sont
mises en place dans un souci de préservation du bâti
(consolidation des structures, assèchements des douves,
réfection des toitures et des menuiseries
extérieures...). Les travaux se poursuivent par la
restauration des façades et l'aménagement progressif des
communs. La remise en état du parc s'effectue en
parallèle par une restitution de la géométrie du tracé
du ''jardin à la française'' (plan du XVIIIème).
Dans
les communs du château, ce lieu permet d'accueillir les
visiteurs de mai à septembre en leur proposant une
documentation complète du château et de l'ensemble du
département de la Haute-Garonne et de la région. Des
visites des extérieurs du château ainsi que de son parc
sont organisées régulièrement (sur rendez-vous pour les
groupes). Un point de vente propose une sélection
bibliographique d'ouvrages orientés sur la Renaissance,
le Classicisme et le régionalisme. ''La grande salle
des communs'' présente une exposition réalisée en
collaboration aves les archives de la Haute-Garonne et
Monsieur Bruno Tollon, Professeur d'Histoire de l'Art à
l'Université de Toulouse - Le Mirail. L'histoire de
l'édifice et de la famille Cheverry ainsi que que
l'originalité de l'architecture du château et de son
environnement sont les principaux thèmes abordés. Cette
exposition, basée sur de précieuses sources d'archives
et de nombreuses photographies permet aux visiteurs de
découvrir l'histoire et le renouveau du site.
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PRESENTATION
Laréole a l'aspect sévère d'un château construit pendant
les guerres de Religion, formant un grand quadrilatère
régulier protégé par quatre tours, en forme de bastions.
De larges fossés maçonnés accentuent le caractère
défensif de l'ensemble. La polychromie des maçonneries
reste l'élément qui retient d'abord le regard. Les
assises du parement forment des bandes alternées de
pierres et de briques qui donnent la particularité de ce
château.
HISTOIRE ET ARCHITECTURE
Pierre de Cheverry (1528-1593), fils d'un grand marchand
de pastel toulousain et personnage d'exception
entreprend l'édification du château de Laréole dès 1579.
Le chantier est mené à son terme en moins de trois ans.
La propriété reste dans la famille jusqu'en 1707 date à
laquelle un riche banquier toulousain, Jean-Pierre
Colomès s'en rend acquéreur. Il fait effectuer des
travaux d'embellissement du château et du parc qui
seront poursuivis par son fils, amateur d'art éclairé.
Celui-ci, mort sans descendance, laisse ses biens à ses
neveux : les Poulhariès. Leurs héritiers conservent
Laréole jusqu'à la Révolution mais au XIXème siècle le
château change plusieurs fois de main; Marie Madeleine
Arnal en 1825, Albert de Puymirol en 1846 puis les
Galard de Terraube qui s'en dessaisissent en 1922. Parc
et château son laissés à l'abandon jusqu'au rachat de la
propriété en 1984 par le Conseil Général de la
Haute-Garonne.
Le
commanditaire du château, Pierre de Cheverry est une
figure très caractéristique de son temps. Il mène des
affaires commerciales et bancaires et en parallèle,
occupe la charge de trésorier général de France. Ses
terres nobles font de lui un seigneur qui peut se dire
<< messire Pierre de Cheverry chevalier des ordres du
roi, seigneur et baron de Saint-Michel de Lanès, Ardisas
et la Reolle >> pour les sénéchausées de Toulouse et
Montpellier. Il fait appel à l'architecte toulousain
Dominique Bachelier (1530-1594) qui succède sur les
chantiers à son père Nicolas Bachelier à qui l'on doit
l'Hôtel d'Assézat (Toulouse). Le contrat de construction
est signé avec le maçon toulousain Jean Anglade. La
commande de Laréole est l'occasion d'édifier un château
neuf et de réaliser des travaux d'aménagements
intérieurs dans des délais très brefs que permettent ses
grands moyens.
On
parvient au portail d'entrée par un pont qui franchit le
fossé. La porte en plein cintre prend place dans un
puissant pavillon qui marque le centre de la façade.
Initialement, il existait un dispositif de pont-levis,
courant pendant les guerres de Religion. Un système
défensif (bouches à feu et larges cannonières)
protégeait les chemins d'accès. Ce ''corps de garde''
comportait aussi un assommoir et une herse manoeuvrable
depuis le premier étage. La partie bûchée du fronton
était destinée à recevoir les armoiries de Colomès.
Les
bâtiments s'ordonnent autour de la cour intérieure avec,
au fond, le corps de logis à deux étages nobles
directement accessible par le perron. Une descente
directe conduit à l'étage des cuisines et des
dépendances complété par un niveau inférieur constitué
de caves voûtées. Les ailes, plus basses et plus
étroites, abritent à l'étage des galeries placées sur
des portiques dont quelques travées restent ouvertes. Le
logis et le reste de la cour reprennent la formule de la
polychromie briques et pierres. Le décor de pilastres
ioniques qui enrichit les ailes et le côté de l'entrée
confère une noble allure à la cour d'honneur.
Dans
la cour, au revers de la porte d'entrée, une longue
coursière, portée par cinq arcs en anses de paniers
retombant sur des consoles sculptées, dessert le corps
de garde et permet de surveiller les accès du château.
Sa galerie, formée de dix arcades de briques et pierres
fait communiquer les deux ailes. C'est ici le même
dispositif décoratif qu'avait adopté Dominique Bachelier
quelques années auparavant, à l'hôtel d'Assézat de
Toulouse (1557), pour Pierre Assézat, le propre
beau-frère de Piere de Cheverry.
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LE PARC ET SA DECORATION
Le
parc de Laréole témoigne des grands décors de jardins du
XVIIIème siècle. C'est la famille Colomès qui entreprend
son aménagement, sur le principe des ''jardins à la
française''. Grâce à un dessin à la plume du XVIIIème
siècle, il est possible de se faire une idée du parc tel
qu'il était lors de sa création. La conception du plan
dérive en droite ligne des recommandations de Le Nôtre :
une ordonnance savamment calculée avec des grandes
perspectives, des parterres plantés, des aménagements en
terrasses et des masses boisées... L'absence de bassins
ou des jeux d'eau ornementaux est la seule entorse faite
aux principes du célèbre jardinier. L'auteur du plan, à
la pointe de la modernité, s'inspire des grands traités
de jardinage de l'époque (''La Théorie et la Pratique
du Jardinage'' par Dézallier d'Argenville par exemple)
pour inscrire le château dans un véritable écrin de
verdure. Une restituttion de l'aménagement du parc est
cours. Elle est aujourd'hui proposée au public.
Les
jardins s'enrichissent à la même période d'un décor
statuaire dont la commande est passée au sculpteur Marc
Arcis (1655-1739). Cet artiste, dont une partie de la
carrière s'est déroulée à Paris et Versailles, est
revenu à Toulouse où il peut désormais répondre aux
sollicitations des grandes familles de la région. Aux
emplacements fixés sur le dessin subsistent encore
aujourd'hui les socles des trois statues. Une
représentation de Zéphire se trouvait dans l'axe du
château, Diane était située sur le parterre oriental et
Flore dominait le grand potager. La restauration de ces
oeuvres est actuellement à l'étude. A ce programme
décoratif voulu par Jean-Pierre Colomès s'ajoutait sans
doute un mobilier de jardin, aujourd'hui disparu :
vases, pots à feu, corbeilles et autres ornements à
thème floral et animalier.

ARCHITECTURE ET ART DE VIVRE
La
distribution intérieure est très spécifique : l'étage
des services surmonte les caves. Quant aux deux étages
de pièces d'apparat et d'appartements, ils dominent la
cour et le parc. Le commanditaire est à la pointe de la
modernité en adoptant un ample format pour le corps de
logis et il est de ce fait en rupture totale avec la
tradition médiévale. Les pièces sont installées en
profondeur et à côté de la grande salle et à sa suite se
trouvent placées les deux pièces principales de
l'appartement. La cage d'escalier est reportée sur la
droite, son décor reprend les ordres classiques et
l'architecture antique et la voûte du palier est ornée
d'une clef pendante. Comme les murs extérieurs, le
principe de l'alternance briques et pierres se retrouve
dans la cage d'escalier. Le format, comme les éléments
sculptés, reprennent ici encore le modèle du grand
escalier de l'hôtel d'Assézat. Dans une grande salle et
la salle haute sont conservées deux cheminées
monumentales qui sont de véritables morceaux de
bravoure.
Le
château de Laréole est un témoignage essentiel de la
Renaissance française. Il est intéressant pour ses
caractères défensifs intacts mais aussi pour le cadre de
vie choisi par le grand peronnage qui le fit construire.
Le mêm plan est demandé à Dominique Bachelier pour les
châteaux de Lacroix-Falgarde, des Varennes, de Maurémont
et de Caumont (Gers). Le château de Laréole occupe une
place majeure dans l'art de la ''Renaissance''.
Textes rédigés par
M. Bruno Tollon, Professeur d'Histoire de l'Art à
l'Université de Toulouse - Le Mirail.
Comité
Départemental du Tourisme de la Haute-Garonne - les
Olivétains.
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